Que l'on soupçonne la présence de l'herpès génital, que l'on vienne de recevoir le diagnostic ou que l'on vive avec l'herpès génital depuis quelque temps déjà, il y a des questions qui sont, c'est le cas de le dire, récurrentes. En répondant aux questions le plus souvent posées, sous la vigie de la Dre Barbara Romanowski, spécialiste des maladies infectieuses, nous espérons pouvoir du même coup répondre à quelques-unes de vos questions.
Barbara Romanowski, M.D., FRCPC, FACP
Professeure clinicienne, Division des maladies infectieuses
Département de médecine, Faculté de médecine et de médecine dentaire
Université de l'Alberta
Edmonton (Alberta)
La Dre Barbara Romanowski est professeure clinicienne à la Division des maladies infectieuses du Département de médecine de la Faculté de médecine et de médecine dentaire de l'Université de l'Alberta, où elle occupe également un poste au Département de microbiologie médicale et d'immunologie. Elle travaille aussi à titre de professeure clinicienne agrégée au Département des sciences de la santé communautaire de l'Université de Calgary.
La Dre Romanowski a étudié à l'Université de l'Alberta, où elle a obtenu, en 1971, son baccalauréat en sciences spécialisé en médecine, puis en 1973, son doctorat en médecine. Elle y a également terminé sa formation postdoctorale en médecine interne et en infectiologie en 1978.
Elle a occupé le poste de directrice du Programme des maladies transmises sexuellement de la province de l'Alberta de 1979 à 1998. En plus des aspects épidémiologiques et cliniques des infections génitales, des ITS, de l'hépatite et du VIH, elle s'intéresse à la recherche clinique et, en particulier, à l'amélioration du diagnostic et du traitement de ces maladies.
La Dre Romanowski a publié de nombreux articles sur les ITS, dont des monographies importantes. Elle est membre d'un grand nombre d'associations médicales, siège au comité de rédaction de revues scientifiques d'envergure nationale et internationale ainsi qu'à différents comités d'examen pour le compte d'organismes subventionnaires nationaux, et a occupé divers postes à l'échelle nationale et mondiale dans le domaine des ITS. Professeure accomplie au premier ainsi qu'aux deuxième et troisième cycles, elle consacre une grande partie de son temps à la formation médicale continue.
La Dre Romanowski poursuit actuellement ses activités à titre de chercheuse et de médecin en pratique privée.
L'herpès génital est un trouble médical répandu1 causé par un virus appelé HSV (virus de l'herpès simplex)2. Le HSV-1, la forme la plus courante du virus3, cause les feux sauvages autour de la bouche4. Il est également responsable d'un nombre croissant de cas d'herpès génital3; il est transmis aux parties génitales par une personne ayant un feu sauvage au cours d'un rapport sexuel buccogénital1. Le HSV-2, principal responsable de l'herpès génital, cause des lésions (plaies) et des vésicules (ampoules) dans la région génitale ou rectale1. Il est presque toujours transmis par contact génito-génital5.
Le HSV se transmet d'une personne à une autre par contact cutané direct6. En général, le HSV ne traverse pas la peau plus épaisse qui recouvre la majeure partie du corps. Le HSV a besoin d'un endroit où il est facile de pénétrer et d'infecter les cellules de la peau. Les muqueuses et la peau plus mince, telles que celles des régions génitales et anales de même que de la bouche, constituent une excellente porte d'entrée7.
Il existe deux types de HSV : le HSV-1 et le HSV-24. Le HSV-2 est le principal responsable de l'herpès génital1. Toutefois, le HSV-1 (généralement responsable des feux sauvages) cause de plus en plus souvent l'herpès génital par contact buccogénital1,3.
Il est important de savoir comment le virus de l'herpès génital est transmis , car il y a beaucoup plus de moyens de réduire le risque de transmission que vous ne le croyez. Pour obtenir plus de renseignements sur le sujet, consultez votre médecin.
Bien que pour le moment il soit impossible de se débarrasser de l'herpès génital, il existe des médicaments antiviraux vendus sur ordonnance qui peuvent aider à écourter la durée des lésions ou à prévenir les récurrences3.
REMARQUE : Comme tous les médicaments, les antiviraux peuvent causer des effets secondaires. Renseignez-vous auprès de votre médecin sur les effets secondaires possibles associés à ces traitements.
La première étape importante est d'en parler avec votre médecin. Il vous fournira les sources de soutien offertes aux personnes atteintes d'herpès génital. De plus, il peut vous recommander un conseiller ou une clinique spécialisé dans le counseling sur les infections transmissibles sexuellement (ITS).
Bien que l'herpès génital puisse être transmis d'une mère à son enfant, cela ne se produit pas très souvent lorsque la mère sait qu'elle est infectée7. (Cliquez ici pour obtenir de plus amples renseignements à ce sujet). En général, le risque de transmission entre la mère et son bébé est plus élevé chez les femmes qui contractent l'infection pour la première fois pendant la grossesse, plus particulièrement au dernier trimestre7. Si vous êtes enceinte et si vous ou votre conjoint avez l'herpès génital, parlez-en à votre médecin.
Consultez votre médecin aussi souvent qu'il le recommande. Allez-y plus tôt si vous avez des complications ou si vous avez de la difficulté à accepter le diagnostic. Vous voudrez peut-être prendre rendez-vous chaque fois que vous constatez un changement dans votre état de santé ou votre mode de vie qui pourrait compliquer la prise en charge de l'herpès génital, par exemple une grossesse ou un nouveau partenaire.
L'herpès labial (feu sauvage) est causé par une infection par le virus herpès simplex de type 1 (HSV-1) autour de la bouche4. Lorsque vous avez un feu sauvage, évitez d'y toucher7 (et si vous y touchez, lavez-vous immédiatement les mains8 pour réduire le risque d'infecter une autre partie de votre visage)8.
L'herpès labial peut se propager uniquement à d'autres parties de votre corps par transfert direct (par exemple, si vous grattez le feu sauvage qui se trouve sur votre lèvre, et que vous touchez ensuite une partie de votre corps qui n'est pas intacte [peau éraflée, plaie, etc.])7. L'herpès labial peut cependant être transmis aux parties génitales de votre partenaire par contact buccogénital1. De la même façon, si votre partenaire a un feu sauvage, le virus peut se propager à votre région génitale lors de rapports sexuels oraux.
Agence de la santé publique du Canada. Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement; infections génitales au virus herpes simplex. Édition 2008. Site Web : http://www.phac-aspc.gc.ca/std-mts/sti-its/guide-lignesdir-fra.php. Consulté le 27 septembre 2010.
Agence de la santé publique du Canada. Genital herpes: The epidemiology and control of a common sexually transmitted disease. Can J Human Sexuality 1997;6. Site Web : http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/cjhs/cjhs5-eng.php. Consulté le 16 août 2010.
Whitley RJ, Kimberlin DW et Roizman B. Herpes Simplex Viruses. Clinical Infectious Diseases 1998;26:541-55.
Sacks SL. The Truth About Herpes. 4e éd. Vancouver Ouest (Colombie-Britannique), Gordon Soules Book Publishers Ltd.;1997.